Petite spéculation autour de Google Glass

Avec les annonces récentes de lancement des applications Facebook et twitter pour Google Glass, il est permis de se lancer dans quelques spéculations sur ce que sera la vie avec la généralisation des Google Glass.

Un bref récapitulatif des technologies en présence.

Pour faire simple, nous disposons d’un terminal géolocalisé avec une caméra et un accès à Internet plus deux, trois autres gadgets. En pratique, Google Glass peut donc « voir » et « situer » tout type d’information. Les applications souvent présentées couvrent toutes sortes de déclinaisons des possibilités apportées par la réalité augmentée mais restent bien sages.

La connexion à Internet nous permet de disposer d’un effet de levier informatique sur l’information visuelle et géographique disponible. Il suffit d’avoir testé des algorithmes de reconnaissance faciale pour rapidement imaginer toutes sortes de fonctionnalités.

En pratique, vous utilisez un ordinateur qui sait qui vous êtes, où vous êtes, ce que vous voyez, qui sait potentiellement reconnaître les personnes que vous croisez et qui peut envoyer toutes ces informations vers tel ou tel service avec tous les croisements de données envisageables. De plus, l’actualité est riche d’exemples d’applications qui aspirent, souvent sans notre consentement clairement compris, le contenu du carnet d’adresses stocké sur notre smartphone. Dans un autre registre, le ciblage publicitaire nous étonne de plus en plus chaque jour. Il n’est donc pas besoin d’être paranoïaque pour imaginer le champ des possibles avec les données récoltées par Google Glass.

Devant le volume de données, sera t-il encore possible d’y adosser un contrôle quelconque à la façon de la CNIL en France ? Que peut déjà aujourd’hui cette même CNIL devant les informations stockées par Facebook récoltées soit directement, soit avec son Social Graph ? Et ne parlons même pas ici de Big Data…

De plus, quid des détournements possibles, des usages non publiés de ces outils ? Enfin, lorsque l’on voit l’information sur notre vie que stockent déjà nos téléphones portables, on est en droit d’imaginer des scenarii aujourd’hui insupportables.

Nul ne sait imaginer toutes les applications possibles. Il est cependant fort à parier que la notion de vie privée va devoir être sérieusement défendue ou redéfinie.