Fred Uhlman

Si L’Ami Retrouvé est un livre connu, j’ai toujours été étonné de la forte discrétion maintenue autour de son auteur Fred Uhlman. Voici donc une maigre contribution à la réparation de ce manque.

Biographie

Fred Uhlman, fils d’un médecin juif, est né le 19 janvier 1901 à Stuttgart. Il fréquente le lycée Eberhard Ludwig à Stuttgart. Avec tendresse il se souvient dans sa biographie « The Making of an Englishman » de sa scolarité dans la réputée école traditionnelle dans laquelle le français, l’allemand et l’histoire étaient ses matières préférées. Ses amis Konstantin de Neurath, Rolf Pfander, von Groll, Lothar Frank et les frères Stauffenberg, de même que ses deux amis juifs Carlebach et Bach l’ont beaucoup influencé pendant cette période. Avec ses études de droit à l’université de Tübingen, Freiburg et Munich, il a repris son travail d’avocat. Mais interrompu dans son travail par les représailles des Nazi en 1933 le socio-démocrate ne pouvait pas maintenir son cabinet dans l’Archivstrasse à Stuttgart et quitta le pays pour échapper aux changements politiques pour Paris. Là, il se livra à des occupations aussi diverses les unes que les autres : la création d’un cinéma pour enfants, la vente de tableaux, du journalisme et même un peu de commerce de poissons tropicaux. Mais son vœu le plus cher était de devenir un peintre célèbre. Le peintre Paul Elsa l’introduisit dans l’art. Puis il s’installa en Espagne et y rencontra la femme de sa vie, Diana, la fille de Sir Henry Page Croft, alors membre du Parlement anglais.

Il finit donc par s’établir en Grande Bretagne, sans connaître ni sa culture, ni sa langue, ni ses coutumes, et s’engagea à sa manière dans la Bataille d’Angleterre en faisant de sa résidence un foyer pour les réfugiés intellectuels aidé en cela par son voisin Roland Penrose. Fred Uhlman fut d’ailleurs arrêté puis exilé, et finalement libéré de l’île de Man. En 1943, ils s’installèrent en dehors de Londres (Croesor Valley, Gwynedd, au Pays de Galles) où il est devenu un peintre et un artiste célèbre.

En 1971, Fred Uhlman publia la nouvelle « Réunion » qui est traduite en plus de onze langues, la version cinématographique du régisseur américain Jerry Schatzberg adaptée par Harold Pinter a été primée au festival à Cannes 1989. Dans sa nouvelle « L’ami retrouvé », il est à la recherche des secrets logiques d’une amitié de deux garçons à l’âge de 16 ans. Le protagoniste Hans Schwarz, fils d’un médecin juif, fréquenta un lycée renommé de Stuttgart. Un nouvel élève de classe, Conradin de Hohenfels, attire son attention. Entre ces deux une amitié profonde s’établit. Des aventures communes dans la nature, des discussions sur la littérature, la philosophie font vivre cette amitié. Cette amitié doit résister au mépris politique de la mère de Conradin qui ne daigne pas regarder en tant que garçon car juif. Quand les excès des nazis commençaient contre les juifs, Hans quitta l’école et émigra aux Etats-Unis. Une lettre d’adieu de Conradin montre combien cette amitié lui signifie. « tu m’as appris à penser et à douter ». Avec consternation, il lit après la guerre dans le livre d’école parmi les noms des morts à la guerre : Conradin exécuté 1944 Berlin Plötzensee – participant à l’attentat contre Hitler.

Fred Uhlman est décédé à Londres en 1985.

Oeuvres

The making of on Englishman – autobographie (1960)

Réunion : L’Ami retrouvé, préface d’Arthur Koestler (1971)

C’est un peu de façon accidentelle que Fred Uhlman rédige, en anglais, cet ouvrage qui allait le faire passer de l’état de peintre à celui d’écrivain.
Rien ne semblait devoir rapprocher Conrad, héritier d’une grande famille allemande, et Hans, fils d’une simple famille juive. Une grande amitié va naître, bouleversée par l’histoire des années 1930. Un texte très sobre, qui révolte plus que de longs discours.

Réunion : Lettre de Conrad

Les centaines de milliers d’admirateurs de « L’ami retrouvé » n’avaient lu que la moitié de l’histoire de Hans Schwarz et de Conrad von Hohenfels, ces deux adolescents que la guerre allait si cruellement séparer parce que l’un était juif.

Fred Uhlman avait, en réalité, conçu son livre comme un récit à deux voix. C’est seulement après sa mort, mais à sa demande qu’est publiée « La lettre de Conrad », suite de « L’ami retrouvé », où seul s’exprimait Hans Schwarz.

Quelques jours avant d’être exécuté pour avoir participé au complot contre Hitler, Conrad écrit à Hans, avec qui il a partagé tant de moments de bonheur exaltant, pour tenter de justifier ses choix et ses erreurs passés et pour lui demander son pardon. Ce bref roman est la bouleversante confession de l’ami enfin retrouvé.

Réunion : Pas de résurrection, s’il vous plaît

Dans l’esprit de Fred Uhlman, ce récit constituait le troisième volet de l’histoire, même si les personnages sont différents.

Simon Elsas, juif d’origine souabe, fixé aux Etats-Unis, revient onze ans après la guerre, pour deux jours seulement, dans sa ville natale. La cruelle et désespérante réalité du présent s’exprime dans ce « Pas de résurrection, s’il vous plaît » crié par Charlotte, la jeune allemande que Simon aima jadis.

C’est à partir de ces trois livres que Jerry Schatzberg a réalisé le film « L’ami retrouvé ».

Sous la lune et les étoiles

Il fait beau à Paris aujourd’hui

Liens

Le mot de la fin

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