Supports musicaux, le meilleur l’ennemi de bien ?

Voilà quelques années que le monde de la musique change. Je ne veux pas parler des styles mais des modes de consommation.

D’une consommation monolithique de vinyles puis de CDs avec un bond en qualité évident et perceptible par tout le monde, nous sommes passés à une consommation déstructurée de supports physiques ou dématérialisés voire à une non-consommation avec les diverses possibilités de copie numérique. Or, les professionnels de l’industrie de la musique (musique et appareils de diffusion) ont lancé quelques tentatives pour refaire le coup du CD en proposant de nouveaux supports physiques, bien sur incompatibles. Les lancements laborieux du format SACD (Super Audio CD) puis du DVD Audio nous proposant des bonds théoriques en qualité n’ont manifestement pas touché le public. En effet, qui dispose d’une installation capable de mettre la nouvelle qualité en évidence et quelles sont les productions exploitant vraiment ces nouvelles qualités ? Or voici que la tentative est relancée avec le Blu-ray avec un succès pour le moment plutôt mitigé.

Cette guerre de formats a bien sur des implications commerciales mais répond-elle vraiment à une attente du public ? Et si poser la question était déjà y répondre… En pratique, on se rend compte que le meilleur est ici l’ennemi du bien s’il ne répond pas à une perception claire d’une valeur ajoutée.

Forte de ces enseignements, l’industrie du film semble vouloir tirer une nouvelle salve en lançant cette année le Blu-ray 3D, malheureusement une fois de plus non compatible avec les Blu-ray précédents. Le succès est à surveiller de près car la dépense est à nouveau non négligeable. Certains fabricants semblent aussi vouloir tenir un peu plus compte des desiderata des clients en supportant de nombreux formats (on saluera ici le geste de Sony qui prévoit d’introduire des lecteurs supportant les formats Blu-ray, DVD mais aussi SACD et CD, une compatibilité longtemps absente du catalogue Sony), mais n’est-il pas tout simplement trop tard ?

Cette course en avant répond-elle vraiment aux besoins d’un grand nombre de clients et saura t-elle maintenir une demande suffisamment forte ? Il semble difficile de lutter devant le confort et la simplicité des supports dématérialisés. Sans mentionner ici les effets de la crise, la messe serait-elle dite ?

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