L’effet papillon du volcan islandais

Nous vivons en ce moment une parfaite illustration de l’effet papillon. Une éruption, jugée peu importante du volcan islandais Eyjafjöll, provoque la perturbation d’une grande partie du trafic aérien européen pendant plusieurs jours.

Annulations de vols

L’effet papillon est ici créé par la conjonction de l’alerte donnée par le Volcanic Ash Advisory Centre de Londres et l’application par les états européens du principe de précaution. On redoute en effet que les cendres volcaniques n’altèrent gravement le fonctionnement des réacteurs des avions modernes. Or, si l’expérience passée a souvent consisté en catastrophes évitées de peu, les connaissances en ce domaine sont encore assez légères d’où l’application plutôt radicale d’un principe de précaution maximal, sans doute exagéré.

On ne pourra s’empêcher de noter au passage l’importance prise par le transport aérien dans notre vie de tous les jours. Les chiffres de 30.000 vols quotidiens en Europe sont en effet impressionnants et dénotent pour le moins d’une certaine fragilité du transport aérien moderne. D’autres chiffres sont tous aussi impressionnants avec une perte de 200 M$ par jour pour les compagnies aériennes et plus de 100.000 naufragés du transport aérien en quelques heures.

L’aviation commerciale et le défi du changement climatique

A l’heure de la révision généralisée de nos comportements au vu des enjeux du défi du changement climatique, l’aviation commerciale ne peut rester en dehors du débat. Elle a ainsi pris deux engagements :

  • Stopper l’augmentation des émissions de CO2 en 2020.
  • Réduire de moitié les émissions en 2050 par rapport à un niveau de référence établi en 2005.

Ce pari semble audacieux à l’heure où les industriels réussissent à réduire la consommation de 1,5 à 2 % par an mais que le trafic augmente de 4 à 5 % par an. Ainsi, de nombreuses pistes sont explorées et déjà mises en oeuvre. En témoigne, le début de carrière de l’Airbus A380 où la réduction de la consommation par passager est mise en avant par le recours à des commandes de vol électroniques et à des matériaux composites plus légers. D’autres pistes existent. Ainsi, les travaux de recherche sur les ailes volantes continuent, notamment avec le projet Boeing X-48, dans la mesure où ce type de configuration permettrait une économie de 25 % de carburant par une augmentation de la surface de l’aile. L’amélioration des routes aériennes et la réduction des temps d’attente sont autant de pistes. Reste qu’en admettant que les solutions aient été trouvées, la durée de vie d’un avion se situe entre 20 et 30 ans. Il faudrait donc que les technologies soient disponibles très rapidement pour que les objectifs puissent être tenus. Lire :