L’appel de Cantona

Curieux carambolage dans l’actualité, l’affaire WikiLeaks (lire : Pourquoi le monde a besoin de WikiLeaks) et l’appel de Cantona semblent se télescoper. Simple coïncidence ou signe plus profond ?

L’appel de Cantona semble simpliste (pour casser le système bancaire, retirez vos fonds) et est beaucoup décrié par notre caste dirigeante qui y voit une menace gratuite et irresponsable.

Mais si l’on écoute bien, si Eric Cantona appelle chacun à retirer les fonds de son compte bancaire, il appelle surtout à rendre les manifestations plus efficaces que de simples défilés. En effet, les récentes manifestations nous ont bien montré que les simples rapports de forces déduits d’un nombre aussi important soit-il de manifestants descendus dans la rue ne sont plus d’actualité avec des forces qui naviguent au delà de nos représentations démocratiques et qui dictent leur loi. Le message à envoyer doit donc prendre une forme différente et sans doute plus concrète. La simple évocation du pouvoir de chacun de retirer ses fonds semble déjà susciter une autre résonance. Il est clair que ce type de manifestation ne résout en rien les difficultés actuelles mais il affirme la volonté d’une orientation que nos dirigeants ne semblent plus vouloir ou pouvoir prendre.

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Pourquoi le monde a besoin de WikiLeaks

Cinq grands quotidiens internationaux, dont Le Monde en France, ont hier publié des documents fournis par WikiLeaks. Inutile d’entrer ici dans les détails de ces documents, de nombreux sites le font avec plus d’autorité.

Pour ma part, j’ai été surpris de la levée de boucliers engendrée mais est-elle vraiment si surprenante ?

On a entendu tous les mots dans ces réactions. Des mots très durs, voire violents ont été prononcés mais un seul était curieusement absent : le mot démocratie. En effet, comment nos régimes occidentaux peuvent-ils vraiment s’afficher démocratiques tout en cherchant à masquer à tout prix la vérité sur leur fonctionnement alors qu’ils imposent à tout un chacun des mesures de contrôle sans cesse plus liberticides ? Faites juste quelques achats un peu « louches » avant de voyager aux Etats-Unis et vous êtes fichés. En France, les lois Hadopi et Loopsi mettent nos libertés individuelles sous une pression d’autant plus pernicieuse qu’elle est invisible. On pourrait aussi parler de différents faits divers ayant émaillé l’actualité récente en France où nos dirigeants ne sont jamais responsables lorsque certains écarts sont découverts.

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J’ai mal à ma France Inter

J’ai mal à ma France Inter.

« France Inter c’est ma radio. » Associant quelques émissions phares de la station telle que Radioscopie de Jacques Chancel ou les tribunaux du flagrant délire de Claude Villers à certains moments de sa vie, la dernière chronique de François Morel dont j’emprunte ici ces quelques mots ne saurait mieux refléter mon état d’esprit, de l’état d’esprit de nombreuses personnes.

J’ai mal à ma France Inter. Les décisions récentes de la direction de la chaîne, tant par leur forme que par leur fond, touchent au plus profond du lien établi entre France Inter et ses auditeurs.

En effet, France Inter n’est pas une radio comme les autres. Elle a su créer des liens forts et durables avec ses auditeurs. Ainsi, le départ de Kriss fin 2009 fut très émouvant. La qualité de ces liens est notamment due au fait que France Inter s’adresse à l’intelligence de ses auditeurs.

France Inter est ainsi tellement synonyme de la France, impertinente et irrévérencieuse.

Plus, avec France Inter, la démocratie française s’est toujours grandie. Montrant que la tolérance est dans l’acceptation des contradicteurs, aussi zélés soient-ils. Et, si irrévérence il y a, ne répond-elle pas à un pouvoir devenu caricaturalement sourd et indifférent à la vie de la nation, ne protégeant que les intérêts d’une « élite », d’un modèle.

Or, voici qu’avec l’annonce de la grille de rentrée, chroniques et émissions sont supprimées, parmi lesquelles les chroniques emblématiques de Stéphane Guillon et de Didier Porte, et il est difficile de n’y voir qu’une simple cohérence d’antenne, qu’une simple redéfinition d’une grille des programmes.

Au revoir aussi à l’émission Et pourtant elle tourne de Jean-Marc Four. Il semblerait que Daniel Mermet ai sauvé son émission…

Si ce n’est pas la première fois que l’antenne de France Inter est reprise en mains, celle-ci est pour le moins vigoureuse. Et on ne peut pas s’empêcher d’y voir, à deux ans des prochaines élections présidentielles, une mise en cohérence de l’appareil de communication généralisée du gouvernement. L’occasion de relire le supplément de Marianne, le vrai Sarkozy. Chassez le naturel…

Libération sur iPhone

Libération arrive (enfin) sur iPhone…

Après la magnifique application du Monde sur iPhone et de ces nombreux concurrents (Le Figaro, Marianne, etc.), le journal Libération lance son application iPhone.

Libération sur iPhone

Si le Monde avait su créer la surprise avec une application très graphique agréable à l’utilisation, Libération arrive ici avec un positionnement original. En effet, son application va plus loin que la simple transposition du journal papier sur un autre support. En effet, l’application profite pleinement des possibilités de nos nouveaux téléphones survitaminés et nous propose de nombreuses originalités. En effet, vous pouvez soumettre vos photos d’actualité, composer et partager une une avec votre propre photo, consulter les unes depuis 1973, écouter radio libé, etc.. Les téléchargements sont parfois longs, la navigation gagne à se faire en WiFi.

Libération table sur l’attrait suffisamment fort de son application pour faire le pari du payant avec des formules au journal ou au mini abonnement. En effet, le téléchargement du journal n’est proposé gratuitement que jusqu’au 6 décembre. A voir les déboires du post.fr, on est en droit de se demander si le modèle publicitaire n’a pas du plomb dans l’aile.

L’application est bien évidemment disponible sur l’App Store.

Arrêt sur images revient… sur la Freebox

Après sa version web, Arrêt sur images, l’émission de décryptage et d’actualité des médias de Daniel Schneidermann, renaît sous la forme d’une chaîne de télévision sur le canal 94 de Freebox TV. Diffusée durant 10 ans sur France 5, l’émission s’est attachée à analyser l’image télévisuelle et ses enjeux et à décoder la manière dont elle influence les téléspectateurs. Un éveil du sens critique du téléspectateur bienvenu dans un monde du tout image où l’émotion supplée souvent le fond.

Totalement indépendante car exclusivement financée par l’abonnement (2,50 €/mois), cette chaîne proposera tous les jours de la semaine de 19 h 30 à 21 h 30 l’émission hebdomadaire analysant et décryptant l’actualité telle qu’elle est présentée par les medias (TV, presse écrite, radio et Internet) et une cinquantaine d’émissions d’archives (2008).

Découvrez la gratuitement tous les jours du mois de décembre.

Arrêt sur images

L’émission Arrêt sur images n’est certes plus diffusée mais ce n’est pas terminé. En effet, Daniel Schneidermann poursuit le concept sur Internet au travers de son site financé par l’abonnement.

Les fanas de l’émission de Daniel Schneidermann le savent mais il est toujours bon de le rappeler, l’émission Arrêt sur images n’est certes plus diffusée mais ce n’est pas terminé. En effet, Daniel Schneidermann poursuit le concept sur Internet au travers de son site financé par l’abonnement.

Voici le best-of de son dernier sujet consacré à « Le gouvernement a peur du buzz, parce qu’il ne le maîtrise pas ».

Exceptionnellement, ce sujet est disponible dans son intégralité (1 h 02 m) sur le site. On retrouvera aussi les autres sujets traités depuis plus de six mois sur le site de l’émission.

Liens :

La fin des journaux

A l’heure où notamment les blogs se développent, voici une contribution intéressante sur l’avenir de la presse écrite (papier ou électronique) et son modèle économique reposant pour une grande part sur la publicité. L’information, la vraie, deviendrait-elle un luxe ? Il est clair que l’information généralement disponible ressemble de plus en plus à un façonnage d’opinion où l’impertinence et l’irrévérence n’ont plus leur place. L’idéal d’une information rigoureuse et indépendante devient chaque jour malheureusement plus utopique…

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