Entretien avec Yves Paccalet

Yves Paccalet est un écrivain, journaliste philosophe engagé dans le développement durable. S’il y est moins médiatisé que d’autres tels que Nicolas Hulot ou Yann Arthus-Bertrand, sa parole doit être écoutée.

Il est notamment l’auteur du livre volontairement provocateur L’humanité disparaitra, bon débarras.

Le réchauffement climatique déclaré illégal en France

Dans sa volonté d’imprimer son action résolument dans le temps, le gouvernement français déclare aujourd’hui, jeudi 1er avril 2010, le réchauffement climatique illégal.

En effet, devant l’inaction internationale et suite à l’enlisement du processus engagé avec le Sommet de Copenhague, le gouvernement français a aujourd’hui pris une initiative forte et déclaré le réchauffement climatique personna non grata en France. Ce « Bouclier climatique » prend effet immédiatement et se veut être une mesure phare du quinquennat en cours. Si les détails de la mesure ne sont pas encore connus, il se murmure une première action vigoureuse consistant en la saisie et la destruction immédiate de tout thermomètre en France. ainsi que l’interdiction de leur commerce et donc de leur importation. Les contrôles aux frontières semblent d’ailleurs déjà indiquer une tolérance zéro à ce sujet.

Après le choc initial, ce courage politique a immédiatement été salué par la communauté internationale qui s’apprête à emboîter le pas à la France. Après ces mesures énergiques, qui osera encore dire que le politique n’avait plus de pouvoir ?

Recyclez vos anciens téléphones portables

Nous changeons nos téléphones portables de plus en plus souvent. Souvent même avant leur fin de vie. Ils sont donc généralement encore parfaitement opérants mais notre mode de vie consumériste et les promotions incessantes nous poussent à en changer de façon parfois irrationnelle. Et, avouons-le, on y résiste pas toujours. Qui a vraiment eu besoin de changer de téléphone le jour en commandant son iPhone ?

Téléphone portable

Les anciens téléphones deviennent alors un produit inerte dont on ne sait pas trop qu’en faire. Si les commerçants sont à présent obligés de reprendre les anciens appareils à des fins de recyclage, les téléphones sont alors démontés pour en recycler les matières premières. Or, un téléphone en état de fonctionnement est autre chose qu’une somme de matières premières. Ainsi, de nouvelles filières se sont établies pour transformer ce recyclage en récupération en vue d’une « réutilisation ». En effet, si ces téléphones ne nous semblent plus attrayants, ils le restent pour de nombreux pays et certaines sociétés se sont positionnées sur le marché de la récupération de ces téléphones portables. Ces filières se proposent donc de racheter ces téléphones portables en vue d’une remise à niveau et d’une revente.

En France, deux services se sont positionnés sur ce marché, FoneBank et Love2Recycle. Leurs services sont largement similaires, si l’un sera plus généreux pour reprendre votre téléphone portable, l’autre vous proposera un système de parrainage pour les nouveaux clients recrutés.

Quelques exemples : aujourd’hui, un Nokia N70 se revend entre 25 et 30 € alors qu’un Apple iPhone 3G 16 Go se revend entre 160 et 200 €. De quoi assouvir ses envies de geek.

Allez,  débarrassez vos étagères et faites des heureux mais n’oubliez pas de prendre deux minutes pour convenablement purger la mémoire du téléphone, carnet d’adresses, SMS, historique, etc..

L’échec de Copenhague

Il est inutile de se mentir, le sommet tant attendu de Copenhague est un échec. Mais est-ce vraiment une surprise ?

Revenons aux fondamentaux : quels étaient les objectifs du sommet de Copenhague ? Pour faire court, la reconnaissance du problème du dérèglement climatique, la responsabilité des émissions de CO2 et, in fine, des engagements (forts et chiffrés) pour en réduire les émissions et ses conséquences.

Soyons réalistes, de tels engagements peuvent-ils vraiment se faire sans un changement profond du mode de fonctionnement de notre société ? Tout le monde a compris la nécessité impérieuse de ce changement. Mais qu’est ce qui bloque ?

Revenons rapidement à une autre crise récente, la crise financière. Sans reprendre l’histoire, tout le monde a compris la nécessité que le système financier change de règles. Tout le monde sauf, le système financier qui a déjà repris ses habitudes voire développe de nouvelles possibilités de transactions  automatisées encore plus rapides et reste toujours aussi prompt à trouver des méthodes de contournement des législations nationales dès qu’elles cherchent à reprendre une once de contrôle (l’efficacité des mesures de taxation exceptionnelle évoquées récemment sera intéressante à suivre).

Et si l’échec de Copenhague se résumait à l’incapacité du système capitaliste à se remettre en cause ? Incapable de sortir du modèle de la sacro-sainte croissance mesurée selon des critères qui font d’un accident une source de croissance.

Sans doute mais pas seulement…

Nous avons aussi assisté là à un triste (vrai) épisode politique… D’un côté, trop de chefs d’état pour qu’un seul puisse en tirer la couverture en cas d’une hypothétique avancée… De l’autre, un bras de fer entre grandes puissances, existantes et en devenir, pour affirmer qui tiendra les reines du monde de demain.

Il n’est pas nouveau de constater que nos dirigeants sont incapables d’une vision généreuse et à long terme. Fallait-il être naïf de croire que le sommet de Copenhague y ferait exception ?

Un bien triste constat… Et pendant ce temps, les forces de l’ordre dispersent énergiquement les fauteurs de trouble. Mais qui sont les vrais fauteurs de trouble ?

Et si vous optiez pour des finances écologiques ?

A l’approche du sommet de Copenhague sur le changement climatique et à l’heure où chacun se demande ce qu’il peut bien faire à son échelle, pourquoi ne pas opter pour des finances écologiques ?

L’association des deux mots peut paraître saugrenue mais elle ne l’est pas.

Pièces

Explications.

Nous déposons tous des sommes plus ou moins importantes auprès de nos banques. L’histoire récente a montré que les banques utilisaient ces sommes de diverses manières. En effet, pendant du principe des réserves obligatoires, une banque peut prêter une grande partie des sommes reçues en dépôt. Les banques choisiront en général les meilleurs rendements avec des investissements lourds dans l’industrie ou la finance. On ne reviendra pas sur les mécanismes ayant mené à la crise financière de 2008. Certaines banques ont cependant fait le choix d’investissements dans les domaines solidaires ou écologiques. Ainsi, en France, on saluera le positionnement de La Nef et du Crédit Coopératif. Le choix de votre banque a donc un incidence directe sur les investissements réalisés par celle-ci.

Lire le guide Environnement : comment choisir sa banque ? édité par Les amis de la terre.

Vous pensiez ne pas pouvoir faire grand chose à votre échelle, vous vous trompiez…

Les Bus Cyclistes

Le transport à vélo reprend doucement une place qu’il est dommage qu’il ait perdu et certaines initiatives, si elles peuvent paraître loufoques, n’en sont pas moins d’une grande cohérence.

Ainsi, les Bus Cyclistes.

L’idée ici est simple. Elle consiste à créer des « lignes de bus cyclistes ». A la manière des bus pédestres, ces lignes de bus consistent à créer des groupes de personnes cherchant à faire tout ou partie d’un même trajet à vélo plus ou moins au même moment, en général pour se rendre sur leur lieu de travail. Si ce trajet peut évidemment être effectué en solo, l’intérêt de ce genre d’initiative est cependant fort et multiple. En effet, il crée une dynamique de groupe propice à inscrire cette démarche dans la durée mais, et surtout, le groupe ainsi constitué est appréhendé comme un véritable véhicule lorsqu’il est amené à se déplacer sur la chaussée routière. Cette différence de perception constitue, en pratique, un gage de sécurité indéniable pour les cyclistes propre à faire tomber des barrières et à susciter des motivations.

A l’heure où une voiture retirée de la circulation pour un trajet domicile-travail équivaut à plus ou moins une tonne de CO2 rejeté de gagné par an, toutes les initiatives qui permettent de renforcer les modes de transports alternatifs et propres doivent être saluées.

Visiter :

L’aviation commerciale et le défi du changement climatique

A l’heure de la révision généralisée de nos comportements au vu des enjeux du défi du changement climatique, l’aviation commerciale ne peut rester en dehors du débat. Elle a ainsi pris deux engagements :

  • Stopper l’augmentation des émissions de CO2 en 2020.
  • Réduire de moitié les émissions en 2050 par rapport à un niveau de référence établi en 2005.

Ce pari semble audacieux à l’heure où les industriels réussissent à réduire la consommation de 1,5 à 2 % par an mais que le trafic augmente de 4 à 5 % par an. Ainsi, de nombreuses pistes sont explorées et déjà mises en oeuvre. En témoigne, le début de carrière de l’Airbus A380 où la réduction de la consommation par passager est mise en avant par le recours à des commandes de vol électroniques et à des matériaux composites plus légers. D’autres pistes existent. Ainsi, les travaux de recherche sur les ailes volantes continuent, notamment avec le projet Boeing X-48, dans la mesure où ce type de configuration permettrait une économie de 25 % de carburant par une augmentation de la surface de l’aile. L’amélioration des routes aériennes et la réduction des temps d’attente sont autant de pistes. Reste qu’en admettant que les solutions aient été trouvées, la durée de vie d’un avion se situe entre 20 et 30 ans. Il faudrait donc que les technologies soient disponibles très rapidement pour que les objectifs puissent être tenus. Lire :

Un simulateur de Taxe Carbone

Chiffres

En plein débat sur la Taxe Carbone, faites-vous une idée plus concrète de l’impact de celle-ci sur vos finances avec le Simulateur Taxe Carbone développé et proposé en ligne par l’association nationale de consommateurs et usagers, CLCV.

A partir d’informations de consommation et de constitution de votre foyer, le simulateur de Taxe Carbone vous fournit une indication sur votre future contribution mais aussi sur la compensation qui vous sera versée.

Souriez, c’est pour la bonne cause !

La taxe carbone, enfin !

Electoraliste ou non, quelques mois après le raz de marée écologiste aux élections européennes en France, voici que le gouvernement français annonce l’arrivée de la taxe carbone pour début 2010.

Le Mont BlancAlors que cette annonce, si perfectible soit elle, devrait en toute logique emporter une adhésion forte de l’opinion publique, voici que les sondages annoncent que plus de 60 % des français sont contre cette mesure.

Le niveau de vie des français serait-il aussi soudainement devenu non négociable à la façon d’une phrase restée célèbre dans la bouche de Georges W. Bush ?

Cette mesure et ces réactions sont symptomatiques d’une ambiance générale où d’un côté, non sans raison, on se préoccupe de son pouvoir d’achat, encore faudrait-il savoir pour en faire quoi mais c’est un autre débat, et, de l’autre côté, on refuse presque machinalement d’entendre parler d’une nouvelle taxe alors que l’on est déjà protégé grâce au bouclier fiscal et qu’on a pas de problème, ni de scrupule à acquérir le dernier SUV des plus gourmands en énergie.

De quoi parle t-on ? On parle pour le moment d’une taxe de 14 € par tonne de CO2, soit 3 centimes par litre de carburant pour les particuliers.

On peut comprendre qu’on devienne chatouilleux quand on touche à notre portefeuille. Mais l’obsession maladive de certains de ne pas vouloir entre parler de taxe (La taxe carbone a rapidement été renommée contribution énergie climat) est déplacée et obscène quand ceux-ci gaspillent sans compter sous prétexte qu’ils peuvent se le permettre. N’ai-je pas entendu dire que cela faisait pauvre que d’éteindre les lumières ?

Si tout le monde semble avoir compris l’urgence d’une évolution vers davantage d’écologie dans notre quotidien, il ne semble pas encore admis que celle-ci ne se fera qu’au prix d’une évolution de nos comportements et, principalement, d’une évolution de nos modes de consommation. Envisagée intelligemment, cette évolution peut ne pas être synonyme de régression. Un exemple. Pour ma part, je n’ai plus de véhicule personnel depuis près de trois ans (Lire Déjà 400 jours sans voiture) et recours à une association de partage de voitures. Certes, pour chaque kilomètre parcouru, j’émets autant de CO2 qu’un autre automobiliste mais, en réduisant le nombre de véhicules en circulation, cette démarche permet de réduire les bouchons et donc les émissions inutiles. De plus, on évite la pollution liée à la fabrication de ces véhicules. Un pas dans la bonne direction et qui ne me laisse pas frustré. Ceci n’est bien sur qu’un exemple de renoncement que nous nous devons d’envisager.

Allez, à chacun son introspection et nous y arriverons tous ensemble. Tous les choix que nous ne faisons pas maintenant seront encore plus douloureux à l’avenir.

La taxe carbone peut nous aider à accomplir le premier pas et intégrer dans notre quotidien les contraintes imposées par ce nécessaire changement de nos comportements. Celle-ci reste largement perfectible et parions qu’elle sera améliorée avec le temps.

Malheureusement, il restera ensuite à convaincre la grande industrie…

Lire l’excellent livre d’Hervé Kempf “Pour sauver la planète, sortez du capitalisme”.

L’ultimatum climatique

Onze ONG françaises (WWF-France, Greenpeace France, Action contre la Faim, Care France, FIDH, Fondation Nicolas Hulot, Les amis de la terre, Médecins du Monde, Oxfam France Agir Ici, Réseau Action Climat, Secours Catholique) lancent un appel pour le Sommet de l’ONU sur le climat qui se tiendra à Copenhague en décembre 2009.

Lire l’appel et signer la pétition sur www.copenhague-2009.com.