Pourquoi le monde a besoin de WikiLeaks

Cinq grands quotidiens internationaux, dont Le Monde en France, ont hier publié des documents fournis par WikiLeaks. Inutile d’entrer ici dans les détails de ces documents, de nombreux sites le font avec plus d’autorité.

Pour ma part, j’ai été surpris de la levée de boucliers engendrée mais est-elle vraiment si surprenante ?

On a entendu tous les mots dans ces réactions. Des mots très durs, voire violents ont été prononcés mais un seul était curieusement absent : le mot démocratie. En effet, comment nos régimes occidentaux peuvent-ils vraiment s’afficher démocratiques tout en cherchant à masquer à tout prix la vérité sur leur fonctionnement alors qu’ils imposent à tout un chacun des mesures de contrôle sans cesse plus liberticides ? Faites juste quelques achats un peu « louches » avant de voyager aux Etats-Unis et vous êtes fichés. En France, les lois Hadopi et Loopsi mettent nos libertés individuelles sous une pression d’autant plus pernicieuse qu’elle est invisible. On pourrait aussi parler de différents faits divers ayant émaillé l’actualité récente en France où nos dirigeants ne sont jamais responsables lorsque certains écarts sont découverts.

On ne peut pas s’empêcher de faire un rapprochement avec la crise financière où l’on constate tous les jours un profond différent voire une véritable incompréhension entre les soucis des « vrais gens » et les décisions de nos élites dirigeantes dont les soucis sont manifestement d’une nature totalement différente.

Le « peuple » n’est-il pas en droit d’exiger de l’exemplarité de la part de ces dirigeants, à commencer par la transparence ? Le peuple est-il vraiment trop bête pour comprendre la vérité ? Doit-il vraiment être bercé dans la torpeur de l’ignorance ?

De plus, ce devoir de transparence ne devient-il pas impérieux lorsque l’on voit la puissance des groupes de pressions aux Etats-Unis ou en Europe ?

Petit espoir, la récente décision de l’Allemagne demandant aux banques de participer aux risques des emprunts contractés pourrait être vue comme un début de prise de conscience que le « peuple » ne peut pas sans cesse être mis à contribution pour des conséquences de décisions totalement en dehors de sa sphère d’influence.

S’il est grand temps d’une réflexion sur une nouvelle gouvernance, la levée de boucliers ressemble malheureusement à un réflexe corporatiste. Nos moyens modernes permettent pourtant un exercice plus direct de la démocratie.

Voir la vidéo de Julian Assange sur TED : pourquoi le monde a besoin de WikiLeaks.

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