J’ai mal à ma France Inter

J’ai mal à ma France Inter.

« France Inter c’est ma radio. » Associant quelques émissions phares de la station telle que Radioscopie de Jacques Chancel ou les tribunaux du flagrant délire de Claude Villers à certains moments de sa vie, la dernière chronique de François Morel dont j’emprunte ici ces quelques mots ne saurait mieux refléter mon état d’esprit, de l’état d’esprit de nombreuses personnes.

J’ai mal à ma France Inter. Les décisions récentes de la direction de la chaîne, tant par leur forme que par leur fond, touchent au plus profond du lien établi entre France Inter et ses auditeurs.

En effet, France Inter n’est pas une radio comme les autres. Elle a su créer des liens forts et durables avec ses auditeurs. Ainsi, le départ de Kriss fin 2009 fut très émouvant. La qualité de ces liens est notamment due au fait que France Inter s’adresse à l’intelligence de ses auditeurs.

France Inter est ainsi tellement synonyme de la France, impertinente et irrévérencieuse.

Plus, avec France Inter, la démocratie française s’est toujours grandie. Montrant que la tolérance est dans l’acceptation des contradicteurs, aussi zélés soient-ils. Et, si irrévérence il y a, ne répond-elle pas à un pouvoir devenu caricaturalement sourd et indifférent à la vie de la nation, ne protégeant que les intérêts d’une « élite », d’un modèle.

Or, voici qu’avec l’annonce de la grille de rentrée, chroniques et émissions sont supprimées, parmi lesquelles les chroniques emblématiques de Stéphane Guillon et de Didier Porte, et il est difficile de n’y voir qu’une simple cohérence d’antenne, qu’une simple redéfinition d’une grille des programmes.

Au revoir aussi à l’émission Et pourtant elle tourne de Jean-Marc Four. Il semblerait que Daniel Mermet ai sauvé son émission…

Si ce n’est pas la première fois que l’antenne de France Inter est reprise en mains, celle-ci est pour le moins vigoureuse. Et on ne peut pas s’empêcher d’y voir, à deux ans des prochaines élections présidentielles, une mise en cohérence de l’appareil de communication généralisée du gouvernement. L’occasion de relire le supplément de Marianne, le vrai Sarkozy. Chassez le naturel…