L’abstention annoncée aux élections européennes est impensable

A moins de dix jours des élections européennes du 7 juin, voici qu’on annonce en France une abstention record de près de 60 %. J’avoue que cela me laisse sans voix. Quelle que soit l’opinion de chacun, on nous répète tous les jours le rôle de l’Europe dans notre quotidien et j’avoue ne pas comprendre la désaffection généralisée face à cette élection.

Il est vrai que le mode de scrutin ne pousse pas à la lisibilité.

Carte d'électeur

En France, le mode de scrutin est, rappelons-le, proportionnel à un tour. Les listes n’ayant pas franchi le seuil des 5 % des voix sont éliminées. Les voix sont ensuite réparties entre les listes restantes selon la méthode de la plus forte moyenne. La France élit 72 députés européens mais, la France étant découpée en huit circonscriptions électorales, c’est donc circonscription par circonscription que se fera l’attribution des sièges : dix pour le Nord-Ouest de la France, neuf pour l’Ouest, neuf pour l’Est, dix pour le Sud-Ouest, treize pour le Sud-Est, cinq pour le Massif central et le Centre, treize pour l’Île-de-France et trois pour l’Outre-mer. Cette méthode favorise clairement les listes ayant recueilli le plus grand nombre de suffrages.

Pour rendre la chose encore plus obscure, les députés ainsi élus rejoindront des groupes parlementaires européens.

Il faut vraiment s’y intéresser pour commencer à comprendre un tant soit peu ce scrutin. Ce mode de scrutin compliqué et favorisant les listes dominantes serait-il l’explication du manque d’intérêt pour ces élections ?

Il est cependant vital de s’exprimer lors de ce scrutin si l’on ne supporte plus d’entendre à tout bout de champs que tel ou tel loi nous est imposée par l’Europe comme si cela venait d’une autre planète sur laquelle nous n’aurions pas la parole.

Une chose est claire, le 7 juin, j’irai voter.

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2 réflexions sur « L’abstention annoncée aux élections européennes est impensable »

  1. Ce scrutin me laisse sans voix !

    Le 29 mai 2005, près de 55% des français se prononçaient contre le projet de traité constitutionnel européen soutenu par le principal parti de droite et le principal parti de gauche. Le volet économique de ce traité , véritable hymne au libéralisme sans contraintes, prévoyait la quasi disparition des services publics, y compris dans le domaine culturel (voir l’accord AGCS).

    On a vu depuis les vertus de ce modèle, alors vigoureusement défendu par la commission de Bruxelles, le Parlement européen et les principaux chefs d’état du continent : des pays ruinés, des millions de citoyens sur la paille, l’avenir d’une jeunesse compromis.

    70% des français s’étaient exprimés lors de ce vote, score sans précédent pour un scrutin de ce type. Néanmoins en 2008, N. Sarkozy, avec l’appui de l’UMP et du parti socialiste, ratifiait le traité -à peine édulcoré- en s’asseyant ainsi sur le vote des français.

    Ceci s’appelle un déni de démocratie.

    N’appréciant pas du tout que l’on se moque ainsi des citoyens, ce dimanche 7 juin, je préférerai les plaisirs agrestes aux délices des joutes électorales. Pour la première fois de ma vie de citoyen, délibérément, je ne mettrai pas un bulletin dans l’urne, seule façon me semble-t-il de confirmer mon opposition à l’Europe qui se dessine sous nos yeux : une Europe des financiers, des marchands, des égoïsmes nationaux, quand nous aurions besoin d’une Europe sociale, politique, à la pointe du dialogue nord-sud.

    L’abus de votes inutiles nuit gravement à la démocratie !

  2. Il est clair que le coup du référendum en France reste en travers de la gorge de nombreuses personnes. Mais l’abstention est-elle la meilleure réponse ? Elle a le charme de renforcer les listes ayant recueilli le plus de voix et, si elle est commentée, elle n’influe aucunement sur les décisions.
    Je pense qu’il faut profiter de chaque scrutin pour chercher à faire représenter ses idées. Et c’est là que cela devient difficile avec ces scrutins aux mécaniques proches de l’incompréhensible. Comment s’assurer que son bulletin ait une utilité si l’on n’est pas en accord avec les « grandes listes ». La mécanique de la proportionnelle retenue en France n’assure pas, loin s’en faut, la représentation des petites listes…
    Voir l’article Répartition des sièges, la loi du plus fort ? particulièrement documenté.
    Voter reste un droit précieux, ne le gâchons pas.

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