Consultation publique sur l’Internet du Futur

Je viens de recevoir l’invitation suivante par mél. Elle devrait en intéresser quelques uns.

Nathalie Kosciusko-Morizet, Luc Chatel et Valérie Pécresse lancent ce jour une consultation publique sur l’Internet du Futur en vue de recueillir l’avis de l’ensemble des acteurs concernés par ce thème : universitaires, chercheurs, grandes entreprises, PME, société civile…

L’Internet est devenu une infrastructure stratégique pour nos sociétés. Le réseau sera amené à évoluer profondément dans les années à venir. Les technologies de l’Internet devront ainsi permettre une meilleure prise en compte de la sécurité et de la qualité de service et permettre le développement de nouveaux usages (comme la mobilité ou l’interconnexion avec le monde physique avec la montée en puissance de l’Internet des Objets). Ces évolutions devront aussi préserver les principes fondamentaux de neutralité, d’ouverture et d’interopérabilité qui ont permis à l’Internet de devenir le principal réseau d’échange d’information.

Ces évolutions seront aussi à la base de la création de nouveaux services et de nouveaux modèles économiques sur les réseaux. Les enjeux de ces évolutions à moyen et long terme sont considérables : essor de nouveaux secteurs d’activité et de nouveaux acteurs industriels et économiques (santé, transport, énergie, environnement, évolutions majeures de chaînes de valeurs pour certaines filières existantes).

Face à ces opportunités majeures de développement économique, la France et l’Europe doivent, comme le font les États-Unis ou le Japon, structurer leurs efforts dans le domaine de l’Internet du Futur : R&D, enseignement-recherche, plateformes de test, normalisation…

Cette consultation porte notamment sur l’identification des thématiques liées au concept d’Internet du Futur (technologies du « cœur de réseau », réseaux d’accès, réseaux spontanés, Internet des objets, contenus, usages et services…), l’organisation de la recherche en France dans ce domaine, la coordination des plateformes d’expérimentation, l’organisation des pôles de compétitivité TICs sur cette thématique, la normalisation, les actions à mettre en œuvre pour préparer l’industrie française à ces changements importants….

Cette consultation permettra la définition d’un plan d’actions destiné à positionner favorablement la France dans le développement de l’Internet du Futur, et favoriser ainsi les retombées économiques et industrielles pour notre pays.

Cette consultation, disponible sur les sites http://www.telecom.gouv.fr/internetdufutur, et http://www.enseignementsup-recherche.gouv.fr est ouverte jusqu’au 13 juillet 2009.

Pour y participer vous devez répondre à un questionnaire à télécharger et à renvoyer.

4 réflexions sur « Consultation publique sur l’Internet du Futur »

  1. Tout comme la Commission Européenne, le gouvernement Français cherche ici à se projeter dans le long terme pour définir une politique d’accompagnement : en lançant cette consultation il est dans son rôle, qui pourrait le lui reprocher ?…
    Cependant, compte tenu du sujet éminemment complexe (Internet), cette démarche consultative – dans sa formulation – n’est-elle pas ambigüe ?
    En réfléchissant à ce sujet, j’identifie deux types de réponses possibles :
    1)
    La première (« gourou ») consiste à développer des visions de l’Internet du futur et, moyennant un «gap analysis», déduire les axes à développer en matière de R&D, investissements, positionnement, formation, etc.
    Cette réponse est celle qui, d’ordinaire, préside au pilotage des politiques en matière de R&D des grands états, on la retrouve plus rarement dans l’élaboration des stratégies industrielles des acteurs économiques (plus pragmatiques).
    Elle est utile en matière de recherche fondamentale (horizon >5 ans), peu efficace en recherche appliquée (horizon 2-5 ans) et «hors sujet» en deçà de ces délais.
    Ce contexte est souvent propice à l’expression initiale des «gourous» qui disposent de la «vision du futur» (ou de bons appuis politiques) et nécessite de parier sur le futur.
    L’histoire nous enseigne que la majorité de ces prédictions sont souvent réfutées par la suite…
    Les réponses jugées les plus pertinentes (ou les mieux soutenues) sont alors utilisées comme objectifs et la politique mise en œuvre s’attache à définir les réponses – souvent normalisées ou standardisées – permettant de passer des «savoirs et moyens existants» aux «projections retenues comme objectifs».
    Cette approche peut brider la créativité de certains concepteurs mais permet à tout un écosystème (officines de R&D, grands acteurs économiques, spécialistes du lobbying, associations, organismes de normalisation, etc.) de prospérer et (sur)vivre.
    Elle occulte néanmoins une réalité souvent observée : celle de l’émergence d’innovations latentes qui créent des ruptures et se traduisent – dans le secteur marchand – par des success stories et des «standards de fait» (je ne donnerai pas de noms).
    Je cite pour l’exemple l’analogie suivante : «Un enfant naît en 1950. Ses parents prédisent qu’il voudra devenir écrivain. Ils mettent donc tout en œuvre pour améliorer les moyens existants : stylo encre, papier, etc. En 1978, l’ordinateur se généralise et, qui plus est, l’enfant préfère danser plutôt qu’écrire des romans…»
    2)
    La seconde, plus pragmatique, consiste à faire observer par des experts objectifs les développements déjà engagés par les acteurs de l’Internet (acteurs directs et indirects).
    En fonction de la pertinence de ces développements et selon un constat « a posteriori » (et non « a priori »), il s’agit donc de verser des aides adaptées (déconnectées de tout clientélisme ou lobbying) et se référant à une grille de lecture faisant référence (système de valeurs communes).
    Il ne s’agit là que de favoriser des évolutions « systémiques » (ou Darwiniennes) de sélection et d’auto-organisation naturelles : les idées inadaptées ou farfelues disparaissant d’elles-mêmes.
    Cette réponse (approche) est plus axée sur les écosystèmes relatifs à l’entrepreneuriat et un peu moins sur ceux qui relèvent de la « voyance ».
    En parallèle, la question à poser n’est pas :
    « Que deviendra l’Internet dans X années » ?
    Mais :
    « Comment, en avançant, nous allons identifier les bonnes opportunités et gérer la cohésion d’ensemble (sécurité, déontologie, …) » ?
    Pour les lecteurs empreints de « systémique », la question est donc « comment allons-nous piloter (gérer, assister…) l’auto-développement de l’Internet » ?
    Je reprends, pour l’exemple, l’analogie suivante : « Comment – en tant que parents – allons-nous piloter (assister) le développement de notre enfant ? Quelles valeurs allons-nous lui transmettre ? Comment allons-nous développer ses capacité d’adaptation ?, … »
    Notre objectif est en effet de l’autonomiser afin pour qu’il puisse donner, une fois adulte, le meilleur de lui-même…

    Philippe GAUTIER (http://www.business2any.com)

  2. N’est-ce pas là tout simplement ce qu’on appelle le Marketing dans le sens littéral du terme ? C’est à dire l’analyse des besoins, des forces et des faiblesses des acteurs, de la concurrence et la projection dans le futur pour en déduire les usages et donc les produits de demain ?

  3. Oui et non…
    Oui pour ce qui concerne les « acteurs » économiques ou citoyens, avec en perspective le pilotage de l’auto-développement de « champions » ou « référents » nationaux émergents ou confirmés (entreprises, associations, think-tanks, etc.).
    Ici, pilotage signifie « stimuler », pas « s’ingérer » (élever ses enfants revient à les aider à devenir autonomes)…
    Dans ce cas, l’initiative gouvernementale peut alors être assimilée à celle d’une Direction Marketing dont l’ambition est le développement de l’entreprise « France » dans le contexte de l’Internet (Mondialisé).
    Non pour ce qui concerne les « produits » (ce qui fera Internet).
    Pour deux raisons :
    – Les « produits » ne seront que la conséquence (résultante) des comportements de TOUS les acteurs (ce compris leurs objectifs, les contraintes de l’environnement, les interactions entre les acteurs, leur autonomie : créativité, adaptation, etc.).
    – Internet est autonome et de dimension mondiale, aucun gouvernement – si puissant soit-il – ne peut en définir les finalités (contrairement au phantasme « BIG-BROTHER »). Tout au plus peut-il aider ses entreprises et ses citoyens à s’y adapter (cf. ci-dessus). Kurt Gödel n’a-t-il pas démontré en 1931 que « quel que soit le système d’axiomes utilisé pour fonder une théorie, il existe des propositions que l’on sait vraies mais dont la vérité ne peut pas être démontrée dans le cadre du système » ? Dit autrement, on ne peut être dans le « système Internet » et en définir correctement les finalités. Il ne reste donc plus, pour être efficace, que la possibilité de « piloter » ou « stimuler » les acteurs concernés en fonction de ses propres objectifs. Pour le Gouvernement Français, il s’agit de favoriser (stimuler) l’auto-développement des entreprises, des associations, des citoyens Français, etc. dans le vaste processus d’auto-développement de l’Internet Mondial.
    Je crois que Saint Thomas d’Aquin disait « La Finalité est de l’ordre de la compréhension du Comment et non de l’explication du Pourquoi » (in SOMME THEOLOGIQUE)…
    Cdt,
    Philippe GAUTIER (http://www.business2any.com)

  4. C’est clair et la réponse donc à l’appel à projets peut donc sembler complexe.
    Mais je pense qu’il faut aussi tenir compte du contexte de cet appel à projets qui se fait dans le cadre de la relance numérique. Je pense qu’il ne faut pas négliger cet aspect qui pourrait se traduire par la mise en oeuvre d’une vision court-termiste destinée à maintenir l’emploi dans ce secteur pour, quand les temps redeviendront meilleurs (et là, c’est un autre débat), se trouver en position de force, ou du moins pas trop affaiblie, pour bâtir l’avenir de notre monde numérique.
    La répartition des projets entre gourous et pragmatiques sera intéressante à relever. Pour ma part et au vu des diverses actions de financements effectuées par ce gouvernement, je parierai plutôt pour l’intégration forte de la notion de retour sur investissement donc pour les pragmatiques. Le texte insiste d’ailleurs sur l’objectif de « favoriser ainsi les retombées économiques et industrielles pour notre pays ».

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